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Le vin est-il bon pour la santé ? Caroline Lebrun

VIN

Le vin est-il bon pour la santé ?

Caroline Lebrun , 01men., le 14/09/2006 à 16h30
Depuis le début des années 90, la communauté scientifique s'intéresse aux liaisons dangereuses entretenues entre le vin et la santé. Vertus protectrices pour les uns, effets dévastateurs pour les autres. La question divise les médecins.
SOMMAIRE
  • Le vin est-il bon pour la santé ?
  • Les règles à respecter
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    Ludovic Drouet.
    Dominique Lanzmann-Petithory.

    « Beuvez toujours, vous ne mourrez jamais », écrivait François Rabelais avant de connaître l'éternité littéraire. Aujourd'hui, le médecin rebelle du XVI e  siècle trouverait du soutien parmi ses confrères pour défendre les bienfaits de la dive bouteille. Depuis plus de quinze ans en effet, le vin rouge a tendance à se bonifier dans les éprouvettes de laboratoire.

    Consommée régulièrement - à faible dose -, la boisson alcoolisée pourrait avoir des effets bénéfiques sur la santé. Une thèse soutenue avec prudence - voire réticence - par un nombre croissant de spécialistes.


    L'action bénéfique des polyphénols

    Les tanins du vin rouge contiennent une forte concentration de polyphénols issus des pépins, du jus et de la peau des grappes de raisin qui ont servi à l'élaboration de la boisson. Ces substances chimiques au nom barbare, présentes dans la composition de tous les végétaux (les fruits, les légumes, ainsi que le thé), participent à la couleur du vin et à ses qualités gustatives. Elles ont aussi des propriétés bénéfiques intéressantes pour l'organisme : ce sont de puissants antioxydants.

    Au cours de la vinification, elles sont particulièrement bien conservées malgré leur fragilité. De plus, l'alcool favoriserait leur absorption, habituellement difficile dans le corps humain, en les solubilisant. « C'est avec un taux d'alcool de 10 % que l'on obtient l'absorption maximale de ces polyphénols », explique Ludovic Drouet, chef du service Hématologie biologique de l'hôpital Lariboisière et président du comité scientifique Vin et Santé de l'Onivins. Reste à savoir dans quelle mesure les effets bénéfiques de ces polyphénols ont une incidence positive sur la santé. Le débat n'est pas nouveau.


    Le « paradoxe français »

    Tout commence au début des années 90, lorsqu'une équipe de la chaîne américaine CBS se rend à Lyon pour filmer le chercheur Serge Renaud dans son laboratoire. Et lui demande son opinion sur la relativement faible mortalité par maladies cardio-vasculaires des Français. Objectif : comprendre un phénomène jusqu'alors inexpliqué, qui sera défini en 1992 comme le french paradox dans la revue médicale britannique Lancet. Comparée aux Etats-Unis, la France présente un niveau élevé de facteurs de risques (tabagisme, hypertension, cholestérol...), mais une faible mortalité cardio-vasculaire. Serge Renaud suggère que le vin pourrait être l'un des facteurs de cette étonnante protection.

    Largement médiatisée aux Etats-Unis par la célèbre émission 60 Minutes (l'équivalent d' Envoyé spécial en France), cette hypothèse fait sensation auprès des 50 millions de téléspectateurs américains. « Un cabinet américain a montré que les ventes de vin avaient plus que doublé aux Etats-Unis entre 1993 et 1996, à la suite de cette émission. Cela a aussi eu pour conséquence de faire exploser les recherches », explique Dominique Lanzmann-Petithory, praticien hospitalier, chercheuse et collaboratrice de Serge Renaud.


    Une exception méditerranéenne

    Mais les avis sont partagés quant aux conclusions à tirer des différentes études menées. Selon Ludovic Drouet, on ne peut pas réduire le paradoxe français à la consommation de vin. « Il faut tenir compte du type d'alimentation et relier ce paradoxe à une nourriture de type méditerranéen avec des rations caloriques plus faibles et une forte présence de fruits et de légumes verts. »

    Un avis partagé par Claude Got, professeur de médecine, spécialiste des questions de santé publique et ex-président du Collège scientifique de l'Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT). « Il ne s'agit pas d'un paradoxe français, car il existe aussi de fortes différences entre le nord et le sud de la France. Ce sont surtout les Méditerranéens qui présentent moins d'accidents cardio-vasculaires depuis plus de vingt ans, du fait notamment de leur alimentation riche en légumes. Les facteurs de risques coronariens sont aussi liés au poids et à la nutrition. Il faudrait pouvoir dissocier ces différents facteurs pour conclure à un effet bénéfique du vin. »


    Une propagande économique ?

    Les détracteurs d'un « vin bienfaisant » accusent les producteurs d'être à l'initiative des études menées sur le sujet. Claude Got s'insurge contre ceux qui, selon lui, souhaitent faire passer le plaisir de la dégustation et le profit économique que certains peuvent en tirer avant les conséquences catastrophiques de la consommation d'alcool en France. « Le livre blanc de la viticulture française publié en 2004 s'est, par exemple, révélé être une action de promotion du vin. Cette initiative parlementaire, qui aurait dû être confiée à des experts, a été menée uniquement par des personnes favorables à la viticulture », proteste-t-il.

    Selon Dominique Lanzmann-Petithory, au contraire, les producteurs se sont montrés très discrets sur la question. La chercheuse explique que son collaborateur Serge Renaud a dû financer ses recherches sur le vin avec de l'argent provenant d'autres projets. « Les producteurs avaient tellement peur qu'on les accuse de collusion qu'ils n'ont pas voulu s'engager jusqu'à très récemment. Cette année, en raison de la très forte crise traversée, ils se mettent à financer un peu la recherche. Mais cela ne signifie pas qu'ils vont orienter les résultats. » Des points de vues contraires qui montrent bien toute la complexité du débat.

    « Globalement, l'alcool fait plus de mal que de bien. »

    Claude Got, professeur de médecine, spécialiste des questions de santé publique, ex-président du Collège scientifique de l'Observatoire français des drogues et toxicomanies entre 1999 et 2005.
    « Nous avons constaté qu'une faible consommation de vin, de l'ordre de un à deux verres par jour, permettait de réduire la mortalité par maladies coronariennes. Mais il ne faut pas en tirer de conséquences hâtives sur la mortalité globale. Dès qu'on dépasse la faible dose, on a un fort accroissement du risque.

    Du coup, il est impossible de recommander à un non-consommateur de vin de se mettre à boire pour connaître les effets bénéfiques que l'on constate chez les faibles consommateurs. Car une fraction de ces non-consommateurs irait forcément à la rencontre de graves problèmes liés à la surconsommation de vin.

    Globalement, l'alcool fait plus de mal que de bien. Lorsque les gens diminuent leur consommation, on observe une baisse des dégâts par maladie et par accident. En France, il y a eu une baisse de 40 % de la consommation depuis le pic constaté au début des années 70 et on constate depuis une forte diminution des cirrhoses du foie. »

    « La consommation doit rester inférieure à trois verres de vin par jour pour les hommes. »

    Ludovic Drouet, chef du service Hématologie biologique de l'hôpital Lariboisière et président du comité scientifique Vin et Santé de l'Onivins.
    « Le problème dans la question du vin et de la santé est que l'alcool a des effets délétères dès la première goutte absorbée. Le vin comporte cependant un certain nombre de composants qui pourraient avoir des effets bénéfiques sur les problèmes cardio-vasculaires et le vieillissement.

    L'idéal serait de bénéficier de ces effets bénéfiques sans pâtir de l'effet toxique. Pour cela, les médecins préconisent la modération. Autrement dit, la consommation doit rester inférieure à trois verres de vin par jour pour les hommes.

    Attention : il faut aussi tenir compte des variations individuelles. La toxicité apparaît plus vite chez les femmes. Les populations asiatiques et les patients ayant une pathologie particulière - en particulier hépatique - sont également plus exposés aux effets toxiques. »

    « Boire deux à trois verres par jour permet de bénéficier de propriétés très protectrices. »

    Dominique Lanzmann-Petithory, praticien hospitalier au sein de l'Assistance publique et enseignante-chercheuse à l'université de Bordeaux-II.
    « Un cardiologue n'interdit généralement pas de boire du vin à ses patients. Ethiquement, nous n'avons pas le droit d'inciter les gens à boire. Cela ne signifie pas qu'il faut les décourager. Il est aberrant que la consommation de vin soit stoppée chez des buveurs modérés lors de l'introduction de certains médicaments aux contre-indications relatives. C'est le cas en particulier pour des hommes âgés ayant de vieilles habitudes, car il n'y a pas en réalité d'incompatibilité avec une dose modérée et régulière. Boire deux à trois verres par jour permet de bénéficier de propriétés très protectrices. »


    Suite du dossier
    >>> Les règles à respecter

    (2 avis déja déposés)
    le vin est il bon pour la santé ?
    le 12/09/2006 14:02:39 par langsroth2003
    C'est l'pinard qui nous a fait gagner 14/18
    le 17/09/2006 11:32:10 par chti52

    Mon donut !

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