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La candidature de Free à la 4e licence mobile 3G vient d'être rejetée par l'Arcep, mais le fournisseur d'accès à Internet n'en démord pas.
Pour l'Arcep, la candidature de Free ne respecte pas les "critères de qualification". Le groupe Iliad, propriétaire de Free, "réaffirme son intérêt pour cette quatrième licence d'opérateur mobile".
Free a apparemment perdu son coup de poker mais refuse de baisser les bras. Il y a à peine trois mois, en se portant candidat à la quatrième licence mobile 3G, le fournisseur d'accès à Internet réclamait "un aménagement des modalités financières" de cette licence. En clair, pour se lancer sur le marché de la téléphonie mobile, le fournisseur d'accès à Internet demandait à verser le gros chèque de 620 millions d'euros requis pour l'acquisition d'une licence mobile en plusieurs fois.
L'autorité française de régulation des télécoms vient de lui adresser une fin de non-recevoir. L'Arcep rejette, ce mercredi matin, la candidature de Free Mobile (filiale de Free, lui-même filiale du groupe Iliad) à la quatrième licence 3G, estimant que les conditions financières qu'elle exige ne sont pas réunies.
Un chèque non négociable
Free ne respecte pas les "critères de qualification" conclut simplement l'Arcep, sans entrer davantage dans l'argumentation de Free, qui estimait que "l'éventuel paiement dès la délivrance de l'autorisation de la partie fixe de la redevance (le fameux chèque de 620 millions d'euros) constituait une barrière à l'entrée sur le marché". L'Arcep considère que "la capacité à payer la part fixe de la redevance" n'est pas négociable.
La réaction de Free n'a pas tardé. Dans une stratégie proche de celle de Leclerc dans la grande distribution, qui lui a permis de s'allier certaines associations de consommateurs, l'opérateur a immédiatement plaidé pour que "les pouvoirs publics mettent en oeuvre les conditions permettant l'émergence d'un quatrième opérateur mobile".
"Manque de concurrence"
Free pourrait revenir à la charge si les règles du jeu changent, glisse le groupe, qui en profite pour administrer un coup de griffe au régulateur : "Dans ce cadre réaménagé, Iliad réaffirme son intérêt pour cette quatrième licence d'opérateur mobile, sur un marché français caractérisé par un manque de concurrence, un des plus faibles taux de pénétration en Europe et des offres tarifaires peu attractives pour les consommateurs."
La ministre française de l'Economie Christine Lagarde semble lui laisser la porte ouverte. En prenant "acte de la décision de l'Arcep" dans la matinée, elle a souligné que "toutes les options restent ouvertes pour l'attribution d'une quatrième licence de téléphonie mobile".
Si finalement le quatrième opérateur devait ne pas voir le jour, les trois autres se frotteraient les mains: ils avaient mis en garde sur les risques que ferait peser ce nouveau concurrent sur leur activité, et donc sur l'emploi. Free pourrait de son côté se tourner vers la création d'un MVNO, un opérateur virtuel, chez Orange, Bouygues Telecom ou SFR. Ou encore, racheter un des ces acteurs. Cette hypothèse, moins vraisemblable, nécessiterait un chèque bien plus gros.
J'adore les feuilletons telecoms, c'est toujours une histoire d'argent, de position, et qui est avec qui...
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