|
|
Les autorités de Pékin annoncent la création de mascottes animées qui rappelleront à l'ordre les internautes chinois pendant leurs pérégrinations sur le Web.
Ces personnages encourageront aussi l'e-délation.
Ils sont tellement mignons... Grands yeux façon manga, uniformes impeccables, sourires de rigueur. A pied, en moto ou en voiture, ce couple de cyberpoliciers animés, va arpenter à partir de samedi les écrans chinois, pour aider à combattre les "activités illégales" susceptibles de se développer sur Internet, ont annoncé des journaux chinois ce mercredi.
S'ils sont mignons, ils sont avant tout des ennemis de la liberté. Ces nouvelles recrues virtuelles de la police de Pékin apparaîtront toutes les demi-heures sur les écrans des internautes pour leur rappeler qu'une surveillance s'exerce contre les sites jugés nocifs. Ils seront visibles sur les principaux portails Internet comme Sohu et Sina, et d'ici décembre sur tous les sites de Pékin et même les forums. Une entrave de plus à la liberté déjà très contrôlée des internautes chinois. Dans une enquête publiée ce mardi, Le Monde rappelait que 40.000 policiers en chair et en os surveillent en permanence les 162 millions d'internautes en Chine.
Popo et Lilice
Les cibles de ces animations seront aussi bien la pornographie que les sites incitant à la sécession, aux jeux d'argent ou à la fraude, et de façon plus générale, à ceux considérés comme "source de dommage public et de perturbation de l'ordre social", selon le quotidien China Daily qui cite la sécurité publique de Pékin. Lorsqu'on connaît le sens de l'interprétation très développé des autorités chinoises, il ne fait pas mystère que la moindre critique du régime pourra tomber sous le coup de ce "dommage public".
Le deuxième sale boulot de ces personnages animés est interactif. Cette police virtuelle donne en effet dans l'e-delation. En cliquant sur ces adorables représentants de la répression du régime, le public pourra signaler des "débordements" aux autorités. Il ne s'agit pas de la première expérience de ce type en Chine. L'an dernier, la métropole de Shenzhen, dans le Sud, avait annoncé la création de ses propres petits héros, Jingjing et Chacha (jingcha en chinois voulant dire police). En Français, cela donne "Popo" et "Lilice".
Yahoo collabore
L'introduction de leurs collègues à Pékin intervient alors que la Chine est critiquée à l'étranger pour son contrôle étroit de l'Internet et la répression de la cyberdissidence. Au milieu de ces dénonciations, Yahoo!, MSN et d'autres hébergeurs de blogs en Chine, étrangers et chinois, ont signé la semaine dernière un code de conduite visant à "protéger les intérêts de l'Etat chinois", et notamment à ne pas diffuser de "messages illégaux et erronés".
Yahoo fait d'ailleurs l'objet de poursuites aux Etats-Unis pour sa collaboration avec le régime chinois. Pour des organisations comme Reporters sans frontières (RSF), ce code signe la mort de la blogosphère et de l'anonymat des blogueurs. Reporters sans Frontières a récemment recensé 50 cyberdissidents et 30 journalistes emprisonnés en Chine, pays qui occupe le 163e rang (sur 167) dans son classement mondial de la liberté de la presse.
Internet en chine, c'est merveilleux, non?
|